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MUSIKOTHE FEVRIER 2016 – Musiques du monde

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Février_MusikothéUn petit voyage à travers la production récente d’artistes de musiques du monde proposé par notre discothécaire et enrichi des contributions des participants de Musikothé

 

 

Ludovico EINAUDI : Taranta project

Ludovico Einaudi est bien connu dans le monde de la musique contemporaine minimaliste ainsi que celui des musiques de films (il a signé notamment les BO de « Intouchables » ou « Le Prix du désir »). Mais pour l’album « Taranta Project », le compositeur aborde d’autres horizons. Ce nouveau projet est lié à la programmation du festival « La Notte della Taranta » qui a lieu chaque été dans la région de Salento (le talon de la « botte italienne »). En 2010 et 2011, Einaudi a été choisi pour concevoir et diriger le spectacle final en plein air. Le défi étant de faire se rencontrer la musique traditionnelle de Salento : la « Taranta », avec des sons et des rythmes venus de partout dans le monde. C’est un impressionnant collectif de musiciens de renom que le compositeur italien a invité pour participer à cette belle aventure musicale. Résultat : une musique qui mélange allègrement musique africaine, moyenne orientale, sonorités électroniques et bien sûr l’élégance classique qui caractérise Einaudi. Un album aux arrangements remarquables alternant avec le même bonheur chœurs et morceaux très intimistes.

 

 

OUM : Zarabi

Le nouvel album que nous propose Oum est un véritable joyau à plus d’un titre ! C’est une invitation à un voyage poétique à laquelle on répond aisément. La chanteuse marocaine a fait le choix de la simplicité en co-écrivant avec Mathis Haug et en enregistrant entièrement ce disque dans le désert avec un minimum d’arrangements et sans effets. Entourée des musiciens qui l’accompagnent sur scène : deux Marocains (oud et percussions) et deux Cubains (trompette et contrebasse), son chant se déploie avec beaucoup de naturel et de grâce. La voix fraîche et aérienne nous charme littéralement. Mais Oum sait aussi prendre des intonations profondes très sensuelles et enrichit son chant d’inflexions proches du jazz ou de la soul,

« Zarabi » signifie « tapis » en référence aux tisseuses du village de M’hamid El Ghiszlane qui créent à partir des vêtements usagés apportés par les clients eux-mêmes

 

LURA : Herança

Après des années de silence, voici le retour d’une des plus belles voix de l’archipel capverdien avec un album résolument énergique et dansant qui fait la part belle au « funana », danse traditionnelle virevoltante héritée des anciens esclaves. Le nouvel opus de Lura contient aussi des mélodies plus douces et ainsi que de belles rencontres : le ministre Mario Lucio signe plusieurs titres, le bassiste camerounais Richard Bona l’accompagne et chante avec elle « Barco di papel » écrit ensemble, Lura partage également un autre duo cette fois avec Elida Almeida, star montante de la musique capverdienne. La collaboration la plus marquante est cependant l’incantation dépouillée et simplement martelée par les percussions du poète musicien brésilien Nana Vasconselos. L’album porte d’ailleurs le litre de ce morceau.

 

TRIO SAROCCHI : A cavallu !

En 2015, le Musée du cheval de Chantilly proposait un magnifique spectacle équestre « Kavalllisté ». L’illustration musicale de cette épopée conjuguant polyphonies corses et art équestre de haute école a été confiée au Trio Sarocchi, ensemble vocal et musical composé de Benedettu Sarocchi, Ghjunva ‘Petru Pieve et Savieru Giacometti. Même si vous n’aviez pas eu la chance d’y assister, vous apprécierez l’ambiance de ce spectacle enregistré en live.

 

Daby TOURE : Amonafi

« Amonafi » est le 5ème album du chanteur multi-instrumentiste mauritanien d’origine sénégalaise, découvert par Peter Gabriel en 2004. D’emblée, une belle énergie communicative se dégage de l’ensemble du disque. Élaboré méticuleusement dans son home-studio, ce parisien d’adoption y a peaufiné chaque titre, jouant lui même presque tous les instruments à l’exception des cordes. Bien sûr, les racines africaines sont très présentes dans la musique de Daby Touré mais pas question pour lui de s’enfermer dans la tradition. Sa musique se nourrit aussi largement d’autres influences….

«Bien sûr je porte l’Afrique en moi, je chante dans toutes les langues de l’Afrique de l’ouest : peulh, soninké, wolof… Mais avec ce nouvel album, je m’approche de ce qui me plaît le plus, la soul, la pop, une musique que l’on peut chanter au-delà des frontières».

 

Amalia, les voix du fado

Sous la houlette du réalisateur Rubel Alves, six artistes « phare » de la nouvelle scène du fado s’unissent pour mettre à l’honneur celle qui a marqué à jamais l’histoire de ce chant portugais. En duo ou en solo, Gisela João, Carminho, Ana Moura, Camané, António Zambujo et Ricardo Ribeiro reprennent avec humilité les chansons incontournables d’Amalia. D’autres invités exceptionnels se joignent à eux : le bBésilien Caetano Veloso, la Capverdienne Mayra Andrade , le chanteur angolais Bongo ou encore le guitariste flamenco Javier Limon.

 

 

Yvelise, Nicole, Annie et Bernadette nous ont fait partager leurs coups de cœur pour :

Goran Bregovic, Johnny Clegg, Ryuichi Sakamoto ; Kenny Rodgers, Tiken Jah Fakoly, Bernarda et Marcos Fink, ah Fakoly, Bernarda et Marcos Fink

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MUSIKOTHE 12 DECEMBRE – Les chansons engagées

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Elle dénonce, critique, défend une cause  et rêve d’un monde meilleur : plus que jamais, la chanson engagée n’a pas fini de s’indigner !

« Strange fruit » par Billie Holiday

Après avoir vu les photos du lynchage de deux jeunes garçons noirs dans l’Indiana en 1930, un enseignant juif de New-York, Abel Meeropol, fut tellement choqué qu’il écrivit le poème « Bitter fruit ». Mise en musique par sa femme, la chanson acquiert une certaine notoriété dans le milieu de la gauche new-yorkaise. Puis Abel propose la chanson à Billie qui l’enregistre en 1939. Ces « fruits amers et étranges » sont bien sûr les corps des noirs pendus, victimes du racisme,. Les trois couplets dépeignent, avec un réalisme brutal teinté d’ironie, les agissement racistes dans la douceur des campagnes du Sud (« l’odeur du magnolia, douce et fraîche/et soudain l’odeur de la chair qui brûle ») La chanteuse touchée par le texte qui fait écho en elle, en fait LA chanson-phare de son répertoire. Elle l’interprètera durant toute sa carrière avec beaucoup de sensibilité, de gravité et d’intensité, quelques fois dans des salles de spectacles hostiles. En 1999, Time Magazine décrète que « Strange Fruit » est la plus grande chanson du XXe siècle.

« En avant » par François Béranger

Autodidacte tendre et libertaire, François Béranger a souvent été oublié volontairement par les médias qui n’appréciaient pas les chansons contestataires de ce symbole post Mai 68. Cependant, il a su rallier un public fidèle et sensible à ses révoltes contre les injustices et ses chansons sont aujourd’hui redécouvertes par une génération d’artistes qui rendent hommage à un chanteur sincère toujours resté en dehors du système qu’il a dénoncé. Les textes tonitruants et bruts sont portés par une voix chaude sans apparat et les musiques sont le fruit de différentes rencontres artististiques. Les chansons de Béranger sont souvent empreintes de colère – contre l’ordre établi, (Joue pas avec mes nerfs), contre une société basée sur le fric (Combien ça coûte ?) contre le racisme et le colonialisme (Mamadou m’a dit)… et de tendresse aussi. (Natacha, Le vieux, Pour ma grand-mère).

« En avant », extraite de l’album paru en 1997 après une longue période de retrait volontaire du métier, concilie ces deux aspects. C’est une tendre évocation familiale des luttes et des acquis de 1936 et de la colère de les voir disparaître aujourd’hui un à un.

 

« Bien mérité » par Clarika

Sur un air aux allures de chanson enfantine avec un vocabulaire très simple et des expressions naïves, Clarika nous rappelle d’abord d’une voix faussement ingénue la chance d’être né en France. « Naître en République dans une clinique chauffée/Ben ouais, je l’ai bien mérité » Elle nous fait ensuite nous interroger sur tous ceux qui ont eu la malchance de naître sous les bombes, dans un pays aride, ou qui s’enfuient au péril de leur vie loin de la misère et la guerre. Elle conclut sur un message d’espoir « Donnons-nous les moyens ».

« Lampedusa » par Debout sur le Zinc

Pas très connu du grand public, ce combo festif de la région parisienne vient de sortir un album « Eldorado[s] » avec 2 nouveaux musiciens. Leur musique énergique, mélange de chanson et de rock avec un touche musique du monde, porte des textes finement écrits.

« Lampedusa » évoque les rêves et les déceptions de ceux qui cherchaient un avenir meilleur avant d’échouer sur les rives de l’île italienne tristement célèbre aujourd’hui. « les royaumes enchantés sont régis par des lois/et les contes de fées soumis à des quotas ».

Sans la nommer par La Compagnie Jolie Môme

La Compagnie Jolie Môme est un collectif fortement ancré à gauche et constitué d’un noyau de 13 comédiens et chanteurs qui joue ses propres pièces ou un répertoire hérité de Brecht ou Prévert. La Compagnie chante aussi beaucoup sur les scènes ou dans la rue. Sa reprise de la chanson

« Sans la nommer » écrite en 1969, composée par Georges Moustaki et interprétée pour la première fois au festival de l’île de Wight, commence comme un hommage à une femme anonyme qui se révèle être une allégorie de la Révolution permanente. Durant les années 70, la chanson fut un symbole des mouvements anarchistes ou d’extrême gauche. L’interprétation par la Compagnie en fin d’un album très engagé replace bien la chanson dans ce contexte avec un simple accompagnement d’accordéon et une énumération de luttes sur le refrain final

Alors c’est fini ? Par Michèle Bernard

Au fil de ses chansons, Michèle Bernard révèle ses interrogations (et les nôtres) sur l’état du monde. Sur une musique entraînante d’Amérique du Sud, elle semble dresser la liste des injustices qu’on est las de dénoncer « Alors c’est fini/On change plus la vie/On descend les calicots/On rentre chez soi illico » pour nous dire au final « Un peu de folie/c’est jamais fini/change-moi dit la vie ! »

Peau d’ébène et dents d’ivoire par Gilbert Laffaille

Loin des circuits médiatiques, Gilbert Laffaille poursuit discrètement son chemin de chansons. D’une voix douce et sur des musiques agréables, il nous délivre des textes plein de malice et de bienveillance tout en abordant des thèmes sensibles. Pour « Peaux d’ébène et dents d’ivoire » , il part de la montée du FN Jean-Marie Le Pen (la chanson date de 1996) « Pas la peine, Oh pas la peine de parler de celui-là/De ce type qui pue la haine et empeste le climat » pour assembler le puzzle multicolore de la diversité humaine. « Tous nés de la même terre »

Annie, Rosine, Pierre-Charles, Yvelise et Andrem ont présenté aussi :

– « Merci maman, merci papa » d’Agnès Bihl

– « Tous ces mots terribles » par Gérard Blanchard extrait de la compilation de reprises de – chansons de François Béranger

– « Nuit et brouillard » par Hubert-Félix Thiéfaine extrait de la compilation « Des airs de liberté »

– « Mon grand copain Samir » d’Hervé Demon

– « Bla bla bla » de Katerine

– « Hexagone » de Renaud

– « Le théorème du châle » de Zebda

– « Le tissu » de Jeanne Cherhal

– « La femme grillagée » de Pierre Perret

– « C’est non » par André Minvielle et Lionel Suarez

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Il y a 400 ans à Arras :

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Il y a 400 ans à Arras : Robert Maudhuy imprime un manuel de correspondance.

Issu d’une famille arrageoise de caudreliers, son grand-père, Pierre Maudhuy était fondeur de cloches et de canons dans la première moitié du XVIe siècle, Robert Maudhuy voit probablement le jour dans les années 1560-1570. En 1592, il succède à son oncle, le libraire Claude de Buyens.

Son atelier et sa boutique se situent rue Vinocq (actuelle rue Jaques-Le-Caron, n° 1 sur le plan). Il prend comme enseigne et marque typographique la mention “Au nom de Jésus” , ce qui laisse penser qu’il a le soutien et la clientèle des jésuites, qui prennent la direction du collège d’Arras à partir de 1603. L’atelier de Maudhuy est le deuxième en importance après celui de son concurrent arrageois Guillaume de La Rivière, l’imprimeur le plus important d’Arras au XVIIe siècle. En 1624, Maudhuy absorbe l’imprimerie de François Bauduyn, devenu son gendre après avoir épousé sa fille Marie en 1614. Il meurt en juillet 1632 et est inhumé dans l’église Saint-Géry (n° 2 sur le plan), qui s’élevait sur l’emplacement de l’actuelle place des Etats d’Artois.

Arras à la fin du 16e siècle

Arras à la fin du 16e siècle

Détail du plan

Détail du plan

La période qui s’étend d’environ 1590 à 1630 reste la plus faste pour les imprimeurs arrageois d’avant la Révolution de 1789. Sur les 430 impressions parues aux XVIème et XVIIème siècles dans la ville, 320 le sont durant cette période. Malgré cela, la production typographique reste faible à cause de la proximité des ateliers de Douai et de Lille. Sous l’Ancien Régime, les imprimeurs-libraires des petites et moyennes villes sont entièrement dépendants de la clientèle locale (administrations, cours de justice, collèges et universités).

70 éditions issues de l’atelier de Robert Maudhuy sont répertoriées durant sa période d’activité, de 1592 à son décès. 36 d’entre elles sont conservées dans le service Patrimoine de la médiathèque d’Arras.

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Le Vray et parfait stille pour bien et briefvement disposer et escrire toutes sortes de lettres… paraît à Arras en 1616. L’auteur n’est pas connu mais l’ouvrage a déjà été édité à Paris l’année précédente par l’imprimeur-libraire Toussaint Du Bray.

Le commerce de livres entre la France et l’Artois n’est pas toujours facile, puisqu’Arras fait partie des Pays-Bas espagnols, administrés depuis Bruxelles par les archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs de la province pour le compte du roi Philippe III d’Espagne.

Cela a donc conduit Robert Maudhuy à imprimer lui-même l’ouvrage plutôt que d’en faire venir des exemplaires de Paris.

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Le Vray et parfait stille… renferme dans ses 320 pages, plus de 80 modèles de lettres, bien différents de nos manuels de correspondance actuels. Ces lettres émanent pour la plupart de Gentillhommes, Seigneurs, ou honnêtes hommes et traitent souvent de cas moraux ou sentimentaux plutôt que de problèmes administratifs.

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La marque de Robert Maudhuy reprend les trois lettres IHS, traduisant et abrégeant le nom de Jésus d’après la langue grecque. Il y ajoute la croix et les trois clous de la Passion.

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Jazz Corner – Décembre 2015

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C’est une découverte à la fois humaine et musicale que vous propose le jazz corner de la Médiathèque du Palais Saint-Vaast. En effet, lors du projet « Terril en la demeure » le 27/11/2015 à Noyelles-Godault, le combo de Couleurs Jazz, co-dirigé par Pierre Maucourant et Vincent Wimart, a eu l’immense joie de pouvoir partager un titre en compagnie de 2 grands jazzmen de la scène française : le saxophoniste Pierrick Pédron et le cornettiste-saxhorniste et  multivocaliste Médéric Collignon.
Notre jazz corner de décembre leur est donc dédié.

Pierrick Pédron, « Kubic’s Monk »

Le saxophoniste s’attaque – une fois n’est pas coutume – aux compositions du pianiste de jazz Thelonious Monk accompagné par Franck Agulhon à la batterie et Thomas Bramerie à la contrebasse, rejoints sur trois titres par le trompettiste Ambrose Akinmusire.
Jouer Monk sans pianiste pourrait apparaître comme une peine perdue, il n’en est rien : les arrangements de Pierrick Pédron et Vincent Artaud, son directeur artistique, suppléent les harmonies audacieuses du pianiste par un jeu rythmique précis extraordinairement efficace.

Pierrick Pédron, « Kubic’s Cure » (avec la présence de Médéric Collignon à la trompette)

Après le jazz du pianiste Monk, le saxophoniste Pierrick Pédron s’attaque au rock du guitariste et chanteur britannique Robert Smith, leader du célèbre groupe « The Cure ».
Il utilise la même formation que pour « Kubic’s Monk » (Franck Agulhon à la batterie et Thomas Bramerie à la contrebasse) et invite pour la « bonne cause » Médéric Collignon sur 2 titres.
Une véritable « Cure » de jouvence !

Couleurs Jazz vous conseille également :
Pierrick Pédron, « Omry »
« Jazz al dente », une compilation de jazz et de recettes italiennes à consommer sans modération… de pâtes !

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[JAADOSPHERE] – A Silent Voice de Yoshitoki Oima

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D11988425_621238968016172_1373821261167105520_nans ce shonen, on découvre les destins croisés de Shoko et Shoya, l’une est sourde, l’autre est prêt à tout pour se faire remarquer. Dès l’arrivée de Shoko, Shoya s’appuie sur son handicap pour se moquer d’elle et impressionner ses copains de classe. De la moquerie au harcèlement, il n’y a qu’un pas, c’est la répétition. La mère de Shoko décide de porter plainte, du statut de harceleur, shoya devient victime à son tour et perd ses alliés, une seule personne le protège…

Ce manga aborde le sujet du harcèlement scolaire sous plusieurs aspects : la nature du harcèlement, le positionnement des parents, la logique de groupe d’une classe, la psychologie de la victime et du harceleur. C’est aussi une leçon de courage et une belle histoire d’amitié.

Le harcèlement scolaire nous concerne tous et ce manga est une lecture pour tous, les jeunes, leurs parents et toutes personnes susceptibles de détecter un problème de harcèlement scolaire. Pour en savoir plus sur le sujet, consulter le site :
http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr/

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[Cases en stock] – Ce n’est pas toi que j’attendais – Fabien Toulmé

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A la fin des années 80, trois jeunes garçons sortent de l’école. Sur le chemin qui les ramène à la maison, ils s’arrêtent devant « le mongolien ».
Quelques années plus tard, Fabien Toulmé se réveille chez lui, au Brésil. Il se dirige vers la cuisine pour prendre son petit déjeuner en compagnie de sa fille de 4 ans, Louise et de Patricia, se femme enceinte de 2 mois.
C’est le jour de la première échographie et de la vérification de la clarté nucale du bébé. Fabien pense beaucoup à cet examen. Il en rêve la nuit, ça le soulage et ça l’angoisse en même temps. Vérifier la clarté nucale permet de détecter certaines malformations et maladies chez le bébé, en particulier la trisomie 21.
Rien de particulier à l’examen, rien de particulier pendant toute la grossesse, jusqu’à la naissance de la petite Julia, porteuse de la trisomie 21.

Avec cet album imposant de 256 pages, Fabien Toulmé a décidé de prendre le temps de nous raconter sa vie. Cette vie de papa, angoissé par une maladie dont sa fille est porteuse. Le graphisme est léger, fluide, absolument pas agressif. Le ton qu’emploie l’auteur est variable en fonction des sentiments qui ont pu l’envahir durant cette période. Avec humour, vérité, dureté parfois, Fabien Toulmé exprime avec beaucoup d’émotion ce qu’il a vécu. Attention, pas de mièvreries, pas de clichés, ici on parle vrai. Les moments de doute, d’angoisse, l’impossibilité pendant plusieurs mois de toucher sa fille, de la prendre dans ses bras, voilà ce que nous raconte ce papa. Un véritable cataclysme ! Tout un chemin jusqu’à l’acceptation et la perception de cet amour paternel.ce_n_est_pas_toi_que_j_attendais_image1

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Ce témoignage est bouleversant. Fabien Toulmé ne cache rien de « ce n’est pas toi que j’attendais » jusqu’à « mais je suis content que tu sois là ». Émotions garanties!
Pour aller plus loin, le blog de Fabien Toulmé : http://fabien-t.blogspot.fr/Photo.

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[Et Pat’Emoi] – Il est né le divin enfant

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Ces deux pages enluminées sont extraites d’un livre d’Heures manuscrit à l’usage du diocèse d’Amiens, réalisé au XVe siècle et conservé dans les collections patrimoniales de la Médiathèque de l’abbaye Saint-Vaast.

Livre de prière des laïcs, le livre d’heures est un précieux témoin de la spiritualité du Moyen Âge finissant. C’est aussi, par sa décoration, un reflet de l’art de l’enluminure parvenu à son apogée, à la veille de l’apparition de l’imprimé. La décoration du livre d’Heures était réalisée à la commande, en fonction des désirs et des moyens financiers du commanditaire, au sein d’ateliers spécialisés.

Livre d'Heures à l'usage d'Amiens, XVe siècle. Médiathèque de l'Abbaye Saint-Vaast, ms. 515 f. 91 v.

Livre d’Heures à l’usage d’Amiens, XVe siècle. Médiathèque de l’Abbaye Saint-Vaast, ms. 515 f. 91 r.

La miniature centrale représente la nativité: Marie et Joseph, accompagnés de deux anges adorateurs, veillent l’enfant Jésus qui vient de naître. En arrière plan figurent le boeuf et l’âne agenouillés devant l’enfant divin.

Les bergers occupent le médaillon de droite, tandis que celui du bas montre le roi David et son épouse Abishag (préfiguration du couple Marie-Joseph) devant une apparition de la Vierge à l’enfant.

La scène principale de la deuxième image montre les rois mages, dont un est agenouillé au pied de la Vierge et du Christ. En dessous, on peut voir le roi Hérode ordonnant à ses soldats la mise à mort de tous les enfants jusqu’à deux ans. C’est le “massacre des innocents”.

 Le décor des deux pages du manuscrit est du type “mille fleurs”. Les initiales NP reliées par un ruban, sont celles du ou de la propriétaire du livre d’heures.

 

Livre d'Heures à l'usage d'Amiens, XVe siècle. Médiathèque de l'Abbaye Saint-Vaast, ms. 515 f. 105 r.

Livre d’Heures à l’usage d’Amiens, XVe siècle. Médiathèque de l’Abbaye Saint-Vaast, ms. 515 f. 105 r.

 

 

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1000 FORMS OF FEAR, un disque de Sia.

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Indéniablement, un disque incontournable de cette année 2014. Qu’elles s’appellent Rihanna, Katy Perry, Birdy ou Beyoncé, elles ont toutes eu recours au talent de Sia Furler. L’artiste pop australienne surdouée est une auteure et compositrice hors pair. Elle fait tout, toute seule. 1000 Forms of fear est la révélation certaine de son talent. Une façon de capturer nos émotions à travers ses douze pistes sombres et romantiques. Au delà de son tube mondial Candelier, Sia nous embarque dans un univers contrasté, tantôt vers des ballades fluides où tantôt vers des ambiances mystérieuses. Un décalage de nuances subtiles. Fascinant.

>>>Coup de cœur album international 2014 de la médiathèque Verlaine.

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[A la bib JV] – Cytus

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Encore une fois une application mobile, encore une fois un jeu. Oui! Bon! Enfin, c’est un peu le thème de cette rubrique!
Échauffez vous les phalanges et restez attentifs…
Avec ce titre de Rayark, studio de développement taïwanais, on va vite savoir si vous avez le rythme dans la peau.

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L’histoire de ce jeu :

Dans un futur lointain, les seuls êtres sensibles encore présents sur terre sont les robots.
Ils constituent les derniers vestiges de l’âme humaine.
Malgré tout, le genre humain n’est pas mort car il existe une technologie capable de transférer les souvenirs dans ces robots.
Mais à cause d’une capacité mémoire limitée, les nouveaux souvenirs remplacent peu à peu les anciens.
Pour éviter que les émotions présentes dans les souvenirs humains ne disparaissent à jamais, les robots transforment ces émotions en notes de musique et les stockent précieusement dans un lieu appelé Cytus.
Les robots utilisent ces chansons pour ressentir les émotions humaines et se laisser aller à rêver qu’une âme existe en chacun d’eux…

 

Et si on passait au Gameplay ?

Le principe est simple: Il suffit d’exploser les bulles de couleurs en tapotant dessus à la force de vos doigts et surtout en cadence.

Allez, c’est parti pour une petite vidéo réalisée par mes soins grâce au module d’enregistrement de partie disponible dans l’appli.

 

 

Plus de 100 chansons disponibles et deux niveaux de difficultés sont à votre disposition.

Allez y Doigts au but! ;)

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[& PAT’ EMOI] – Le beffroi s’est écroulé à 11h00. Arras, le 21 Octobre 1914.

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 Le 21 Octobre. 1 heure après-midi.

Cejourd’hui à 10 heures j’écrivais à Monsieur Eugène lorsque mon attention fut appelée par le sifflement d’un obus allemand. Vite, je descends à la cave. J’y suis resté jusqu’à 11 h. Nous avons reçu 61 ou 63 obus dirigés principalement sur le beffroi qui s’est écroulé à 11h. moins 5. Je suis allé voir immédiatement; quel triste tableau! J’y ai rencontré M. Paris, M. Lacroix et plus de 200 personnes. De là, je suis allé chez Mr Tricart Notaire, nous avons monté au grenier de suite: Il n’y avait aucun dommage, je craignais pour lui parce que les obus venaient de Tilloy. On dit que ce sont les pièces françaises qui sont cause de la chute du beffroi qui s’est affaissé lentement avec son lion. C’est lamentable!

Lettre de Pierre Cressonier, Arras, le 21 Octobre 1914. (B.M. Arras, collections patrimoniales).

L'Hôtel de ville après les bombardements du 21 Octobre 1914. B.M. Arras, coll. iconographiques.H

L’Hôtel de ville après les bombardements du 21 Octobre 1914. B.M. Arras, coll. iconographiques.H

Le beffroi s'est écroulé à 11h00. Arras, le 21 Octobre 1914.

 

 

100 ans presque jour pour jour après les premiers bombardements allemands sur Arras le 6 octobre 1914, la ville d’Arras achète un ensemble de documents relatif à la Première Guerre mondiale à Arras : Les 250 lettres (environ 600 feuillets), écrites à Arras entre 1914 et 1917 par Monsieur Pierre Cressonier (à gauche sur la photographie), sont consultables à l’espace patrimoine de la médiathèque.Le 21 Octobre 1914, le beffroi s’écroule à 11h00.
 

 

 

Le 21 Octobre 1914, Pierre Cressonier écrit à Monsieur Tricart:

Le beffroi s'est écroulé à 11h00. Arras, le 21 Octobre 1914.
Le beffroi s'est écroulé à 11h00. Arras, le 21 Octobre 1914.

Arras, Le 21 Octobre (mercredi) 1914, 9h

Cher Monsieur Tricart,

Je n’ai pas pu vous écrire hier, ni avant-hier, parce que le bruit énervant de la canonnade et hélas! Des nouveaux obus m’en ont empêché hier mardi de 11h à midi et demi 21 obus allemands sont tombés sur notre vaillant chef-lieu de département. Je dis vaillant, je n’exagère pas car à Arras on supporte stoïquement cette pluie de fer, de sang et de feu.
Je compte sept victimes. Puisse-t-il n’y en avoir davantage. Nous n’avons pas été touchés cette fois et je ne crois pas que la rue de Chateaudun, ni celle des chanoines ait souffert de ce nouveau bombardement. Mais dans l’infernal supplice des 6,7 et 8 Octobre, une bombe est tombée sur le bureau 1er des contributions, et une autre chez une dame veuve Royon (je crois) locataire de Mademoiselle Marie. Je n’ai pu constater les dégâts: j’y suis allé 2 fois lundi. Mr Laurent n’était pas chez lui, ni Madame Royon. Les dégâts ne sont pas relativement importants m’a-t-on dit, mais il y a tout de même des réparations à faire; dont on sera, je l’espère, bien indemnisé plus tard!

Cher Monsieur Tricart, quand vous rentrerez à Arras, il faudra vous armer de courage car si vous traversez les ruines, ce qui est encore difficile, vous ne saurez plus où vous vous trouvez, vous ne reconnaîtrez plus les rues détruites, rue Saint-Géry, la moitié, rue Vinocq, entièrement, etc, etc, etc.
Il n’y a plus de vitres aux maisons, et je crois que vous feriez bien d’en acheter, dès aujourd’hui, afin de les faire poser tout de suite en rentrant, car je me demande dans quelle chambre vous pourriez vous coucher. Je pourrai vous donner les dimensions d’après mesurage fait par un vitrier. Il y a urgence absolue, et même économie importante, car ici le verre sera rare et hors de prix. Je n’ai pas pu voir M. Léon Tricart. Je pense qu’il n’y a personne. J’ai sonné, appelé, personne n’est venu. Les rues sont désertes. Dans notre quartier, depuis le cimetière jusqu’à l’octroi de la ville il n’y a plus une âme, si ce n’est M. Peulaboeuf et moi.
Je couche toujours dans la cave, mais on n’y peut dormir: C’est le canon, la fusillade, au moindre sifflement d’obus, on est debout, on se couche tout habillé; on se contente de se déchausser et c’est tout. A chaque instant du jour et de la nuit, on se demande toujours si c’est la dernière heure!! Aussi on est sans cesse prêt à filer dans la cave. Pendant que je vous écris les coups de canons font trembler la maison, ce n’est pas gai! Mais je crois à la délivrance prochaine d’Arras. Je ne puis m’expliquer davantage!
Debeaumont. son adresse, 32eCie du 1er d’infanterie à Tulle. Je lui ai envoyé 50 f il y a cinq semaines. (Je n’ai pas le temps de rechercher la date exacte, crainte que ma lettre ne parte aujourd’hui. Pour plus de sûreté, vous envoyez les fonds à M Masmonteil Notaire à Tulle (Corrèze) rue nationale n° 13 dont le principal clerc avait écrit pour lui le 30 sept. et mon envoi de 50 f a suivi de très près. J’ai le reçu de la poste.
Chez Monsieur Tricart Notaire, il ne doit pas y avoir de dégâts nouveaux, je vais du reste m’en assurer s’il est possible de sortir toutefois, car je vous prie de croire qu’il faut du courage pour se risquer.
Je voudrais bien vous écrire plus longuement, mais c’est impossible, je suis sans cesse interrompu par la violence des canons. C’est le 21e jour que cela dure: tout tremble ici, je le répète.
Cher Monsieur Tricart, je vous prie de croire ainsi que madame et monsieur Edouard à l’assurance de mes meilleurs sentiments pour vous et votre famille.

Votre bien dévoué,
Cressonier.

Voilà trois jours qu’une enveloppe est préparée pour Monsieur Eugène et je n’ai pu faire ni porter la lettre. Je pense bien à lui et je prie Dieu de le garder en bonne santé en ces jours d’angoisse et d’horreur. Au moins, s’il est inquiet pour ici, il a la vie sauve là-bas. En ce moment, c’est le point capital, car nous ne pouvons répondre de rien.

Tout votre mobilier est sens dessus dessous. c’-à-d. à l’abri, il faudra 8 jours pour le remettre en place. J’ai fait comme pour moi. Les journaux La Croix et l’Avenir ont recommencé à paraître
depuis trois jours: Ils sont intéressants. Je vous conserve l’Avenir. La poste fonctionne un peu, rue Saint-Aubert à la recette auxiliaire, mais il est très difficile de se procurer des timbres, pourriez-vous m’en envoyer une dizaine, vos lettres arrivant fermées.

Le 21 Octobre. 1 heure après-midi.

Cejourd’hui à 10 heures j’écrivais à Monsieur Eugène lorsque mon attention fut appelée par le sifflement d’un obus allemand. Vite, je descends à la cave. J’y suis resté jusqu’à 11 h. Nous avons reçu 61 ou 63 obus dirigés principalement sur le beffroi qui s’est écroulé à 11h. moins 5. Je suis allé voir immédiatement; quel triste tableau! J’y ai rencontré M. Paris, M. Lacroix et plus de 200 personnes. De là, je suis allé chez Mr Tricart Notaire, nous avons monté au grenier de suite: Il n’y avait aucun dommage, je craignais pour lui parce que les obus venaient de Tilloy. On dit que ce sont les pièces françaises qui sont cause de la chute du beffroi qui s’est affaissé lentement avec son lion. C’est lamentable!
Mr Ducarne est venu hier demander si vous consentiez à lui louer la maison rue Saint-Aubert pour 1 an ou 2. Il était charcutier rue des grands Vieiziers et naturellement la maison qui lui appartenait est complètement détruite. Il y aura beaucoup d’autres amateurs pour louer, peut-être même pour acheter. Les obus d’aujourd’hui n’ont pas atteint la rue des chanoines et la rue de Chateaudun.