arton959
État

[Passe à ton voisin] – Portrait d’Après Blessure

Share Button

arton959

 

Excellent roman sur les effets pervers de l’information à tout prix. Récit à deux voix du saccage provoqué par des photos dans la vie des rescapés d’un attentat à la bombe à Paris. L’auteure, toujours la photo en support, traite ici du cynisme, du voyeurisme des médias et de notre imperceptible glissement vers cette curiosité malsaine, la conscience cautérisée, l’empathie muselée qui nous poussent à vouloir toujours plus de sensationnalisme .

 

freaky-fridays-de-brigitte-aubert[1]
État

[Passe à ton voisin] – Freaky friday / Brigitte Aubert

Share Button

freaky-fridays-de-brigitte-aubert[1]Quatrième de couv :

Par un beau vendredi 13, Mamie Hélène, veuve depuis peu, apporte une tarte à ses voisins. Concert de détonations et corps sanguinolents… Hélène assiste au massacre aussi expéditif que sophistiqué de toute une famille. Alors qu’elle tente de fuir, un des tueurs la surprend. C’est le début d’une traque effrénée. Hélène n’a d’autre solution que de redevenir Vera, l’ex-strip-teaseuse de Vegas compagne de Joe, feu son tueur à gages de mari, qui lui a tout appris. Véra est bien décidée à survivre envers et contre tous. Et à s’amuser un peu…

Découvrez une héroïne pas comme les autres, qui monte les blancs en neige comme elle abat les truands : avec un solide coup de poignet et le goût du travail bien fait…

 

 

Nos lecteurs en pensent :

Lu en une après midi.
Un vrai plaisir à lire, ce roman de Brigitte Aubert nous narre avec brio les démêlés de Mamie Hélène, 62 ans, avec une bande de truands qui flinguent à tout va. Jubilatoire, cette Nikita à la retraite qui dame le pion aux espions de tous bords ainsi qu’aux truands lancés à ses trousses.Tout ça parce qu’elle est tombée, comme un cheveu sur la soupe, en plein massacre chez des voisins à qui elle apportait un gâteau! Avouez que ce n’est pas de chance quand, grâce au programme de protection des témoins, on vient de passer 10 ans tranquille à se cacher de ces mêmes truands qui n’y comprennent plus rien. Ecrit comme un scénario de film, dans un style percutant au rythme soutenu, l’action ne se relâche qu’à la toute dernière page. Un bonheur!

ob_f0a8bb21c9d0c417c24149b5a5e8b99c_9782234064232-1-75-jpg[1]

[Passe à ton voisin] – La malédiction de Jacinta / Lucia Puenzo

Share Button

La malédiction de Jacinta / Lucia Puenzo

Pepino – littéralement, concombre – est un jeune homme petit et désorienté. Il vit dans la Plata, à Buenos Aires, un quartier en marge. Tenant son surnom de la série Señora Maestra, qui mettait en scène une classe d’enfants dans laquelle il jouait un bègue, il est obsédé par son auteur : Santa Cruz.

Un soir, alors qu’il a décidé de tuer Bochatón – un chanteur rock sur le retour – pour le faire accéder à la gloire, il rencontre une jeune femme grande et perdue : Twiggy. Schizophrène, droguée et loufoque, elle reconnaît sa solitude dans les yeux de ce garçon aux airs d’orphelin. Ils tombent amoureux. Devenus inséparables, après avoir cru croiser Santa Cruz dans la rue, ils apprennent la mort mystérieuse de Jacinta Pichimahuida, l’institutrice de la série. S’ensuivent des disparitions tragiques d’anciens acteurs, enfants stars, tombés depuis dans l’anonymat. Mais Santa Cruz est-il toujours vivant ? Qui se cache derrière Pepino, celui que personne ne reconnaît jamais ?

Lucía Puenzo nous offre avec La malédiction de Jacinta un portrait au vitriol d’une Argentine cernée par la violence et la drogue. Enfants déboussolés d’avoir connu le succès trop jeunes, mère ambitieuses qui confondent leur reflet avec celui de leur progéniture, auteurs de séries à succès vaniteux… Aucun des travers de notre société du spectacle éphémère n’est épargné. Avec un humour noir et décapant, Lucía Puenzo nous propose une vision décalée et extrême d’une civilisation en perte de repères.

Excellent roman contemporain qui, à travers l’histoire touchante d’un jeune anti-héro et de son amour pour Twiggy son alter ego social, aborde et traite les thèmes suivants : la télé-réalité et ses excès ; l’exploitation, la manipulation d’enfants acteurs par un réalisateur de séries télé , les conséquences dramatiques pour ces jeunes devenus adultes et leurs familles ; en quoi l’abêtissement par la télévision la plus médiocre empêche l’évolution de l’humanité, la tient en laisse, en la réduisant à des comportements primitifs et voyeurs.

ob_d7de261785ded97333879ee6c3a11551_9782867465963-jpg[1]

Arrêtez-moi là ! / Iain Levison

Share Button

Arrêtez-moi là ! / Iain Levison

Charger un passager à l’aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi ? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c’est le début des emmerdes…

La cliente n’a pas assez d’argent sur elle et il vous faut attendre dans sa maison pourvue d’amples fenêtres (ne touchez jamais aux fenêtres des gens !). Puis, deux jeunes femmes éméchées font du stop. Mais une fois dépannées, l’une d’elles déverse sur la banquette son trop-plein d’alcool et la corvée de nettoyage s’avère nécessaire (ne nettoyez jamais votre taxi à la vapeur après avoir touché les fenêtres d’une inconnue !). Après tous ces faux pas, comment s’étonner que deux policiers se pointent et vous demandent des comptes ? Un dernier conseil : ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer ! Dans ce roman magistral, Levison dissèque de manière impitoyable les dérives de la société américaine et de son système judiciaire.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui raconte très justement les dysfonctionnements du système judiciaire américain, de façon très réaliste et en même temps une légèreté et un humour subtil très british.
Juste un peu perturbé par la toute fin du roman, très brutale, et où on se demande si elle a été écrite comme ça pour abréger l’histoire faute d’idée, ou dans un vrai souci de suspense qui laisse au lecteur le choix d’imaginer une suite

ob_657e0f_rl10-suites-imperiales-jpg[1]

Suite(s) impériale(s) /Bret Easton Ellis. – Laffont, 2010

Share Button

ob_657e0f_rl10-suites-imperiales-jpgNote de l’éditeur

Clay, l’anti-héros du premier best-seller de Ellis, Moins que zéro, revient à Los Angeles. Il a vingt ans de plus, il est un peu plus vieux, un peu plus seul et désoeuvré. Il retrouve ceux qu’il a connus dans sa jeunesse, Blair, Trent, Julian, Rip… les représentants d’une génération dorée et perdue, abandonnés à la vacuité, la solitude et la vanité qui les détruisent. Producteur associé à l’adaptation cinématographique de son dernier scénario, Clay participe au casting du film, joue de son pouvoir, séduit Rain, une jeune actrice sublime et sans talent, lui fait de fausses promesses. Il est prêt à tout pour la posséder. Mais qui manipule qui ? Clay découvre vite qu’il est constamment observé et suivi…Jalousie, trahisons, meurtres, manipulations… ici, dans la Cité des Anges, chacun se heurte aux mêmes jeux d’emprise et aux mêmes démons, s’enivre de sexe, d’images, de drogues, de fêtes irréelles… et se révèle toujours plus amer et désespéré. Le vide et la fureur aspirent les personnages, et leur font perdre tout sens des limites. On est saisi par la virtuosité du style sobre et acéré, les chapitres courts donnent à la narration un rythme percutant. L’atmosphère est oppressante, la noirceur non dépourvue d’humour. L’angoisse et la tension croissantes annoncent une lente descente aux enfers. Le portrait de notre époque est aussi violent que subversif.

Ce que nos lecteurs en pensent

Je vous l’avoue tout de suite, je n’ai pas lu « Moins que zéro » ce qui ne m’a pas empêché de lire sa suite.
On y fait la connaissance de Clay, scénariste pour Hollywood, revenu à L.A. pour les fêtes de fin d’année et pour le casting de son dernier film.
On y découvre un monde superficiel où seules la jeunesse des corps et l’apparence ont de l’importance, où on est prêt à tout pour devenir célèbre. On est prêt à tout oui, même à s’embarquer dans une trouble affaire de prostitution, de meurtre mêlé de près (ou de loin ?) au réseau de Call-Girls ou du cinéma, on ne sais pas, on ne sait plus…
Personnages troublants et troublés, scénario (car c’est bien de cela que nous gratifie Bret Easton Ellis) Bien ficelé, montage virtuose. L’intrigue s’épaissit au fil des pages et Bret Easton Ellis parvient à nous tenir en haleine.