État

La vie d’un arrageois pour l’Art : René Huyghe

Share Button

Né à Arras le 3 mai 1906 au 11 rue Baudimont d’un père flamand et d’une mère wallonne, René Huyghe est l’un des quelques académiciens que notre ville a l’honneur de compter.

Philosophe de formation, écrivain et historien, mais surtout critique d’art, sa réputation dépasse rapidement nos frontières, particulièrement lorsque, ému par la situation lagunaire de la célèbre cité des Doges, dont l’emprise maritime menace les fondements architecturaux, il est élevé à la présidence de la Commission Internationale pour la Protection de Venise. C’est peut-être la grande œuvre de sa vie, il s’y consacre durant plusieurs décennies.
Ses études accomplies, René Huyghe entre au musée du Louvre à 21 ans, y révélant de brillantes dispositions. D’abord chargé de mission, il devient, en 1937, conservateur en chef des peintures et dessins. Cette même année, il obtient également un poste de professeur à l’école du Louvre. Il n’a alors que 31 ans.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est chargé de l’évacuation des tableaux du Louvre. Replié dans le Lot, il rejoint la Résistance.

Titulaire de la chaire de psychologie des arts plastiques du collège de France dans les années 50, le professeur s’attache à expliquer sa conception de l’art comme « un monde de révélation de l’indicible directement perçu au travers des images représentatives de nos sensations ». il est élu au fauteuil 5 de l’Académie Française le 2 juin 1960.

Réception de Monsieur René Huyghe à l'occasion de son élection à l'Académie Française, le 20 octobre 1960. Livre d'or de la Ville d'Arras, collection patrimoniales de la Médiathèque de l'Abbaye Saint-Vaast.

Réception de Monsieur René Huyghe à l’occasion de son élection à l’Académie Française, le 20 octobre 1960.
Livre d’or de la Ville d’Arras, collections patrimoniales de la Médiathèque de l’Abbaye Saint-Vaast.

Conférencier reconnu, René Huyghe publie de nombreux ouvrages de référence sur les grands maîtres de la peinture qui le passionnent, comme Watteau, Rubens, Van Gogh, Delacroix, Cézanne, Vermeer ou Gauguin. On salue en René Huyghe un humaniste qui réfléchit aux problèmes de la civilisation et confronte le monde des idées et celui des images, le quotidien et son expression artistique. Ses thèses paraissent dans d’éminents ouvrages comme l’Art et l’Homme, l’Art et l’Âme, le Dialogue avec le visible.

Médiathèque de l'Abbaye Saint-Vaast, B23520.

Médiathèque de l’Abbaye Saint-Vaast, B23520.

 

René Huyghe publie également en 1994 ses mémoires, Une vie pour l’art.

1994 est aussi l’année de la dernière apparition de René Huyghe dans le Nord pour une conférence à l’Université populaire de Lille. Il annonce alors que sa 47e intervention devant cette instance sera la dernière de sa carrière. Mort à Paris le 5 février 1997, cet Arrageois émérite, parent de l’ancien évêque était revenu dans sa ville natale pour une visite officielle au centre Noroit dans les années 70.

Pierre Cressonnier à Gauche
État

Pierre Cressonnier, clerc d’avoué arrageois dans la Grande Guerre (1861-?)

Share Button

À la veille du conflit, le clerc d’avoué Pierre Cressonnier travaille dans l’étude arrageoise de Gustave Tricart rue Chanzy. À partir de septembre 1914, il devient le dépositaire des titres et dossiers de l’étude, G. Tricart étant réfugié à Bellevue en Seine-et-Oise. Il veille alors sur les biens et les dossiers de son employeur à qui il rend compte très régulièrement par courrier.Lettre de Pierre Cressonnier du 21 octobre 1914

lettre de Pierre Cressonnier le 21 octobre 1914

lettre de Pierre Cressonnier. Arras, le 21 octobre 1914

 

Pierre Cressonnier à Gauche

Pierre Cressonnier à Gauche

Au travers des quelques 180 lettres conservées sur une durée de quatre ans, on peut suivre Pierre Cressonnier s’acquittant scrupuleusement de sa tâche. Si l’étude de Gustave Tricart est bombardée dès octobre 1914, P. Cressonnier continue de veiller sur les valeurs et titres enterrés dans le jardin, auxquels il fait de fréquentes et sibyllines allusions dans sa correspondance. Il rédige ses lettres la plupart du temps en deux parties : la première où il s’efforce de rassurer G. Tricart et sa famille sur le sort de leurs biens, et la seconde, où il tient un journal hebdomadaire des évènements survenus à Arras. Dans le même temps, Pierre Cressonnier est nommé greffier du tribunal d’Arras et auxiliaire du juge de paix en juillet 1915. Il ne quitte Arras qu’au moment de l’offensive allemande du printemps 1918. Au lendemain du conflit, c’est à Chaulnes qu’il officie en tant que juge de paix.

 

Pierre Flament, L’École nationale des Chartes : portraits de combattants, bibliothèque numérique, http://bibnum.enc.sorbonne.fr/histoire-enc/3130 .
État

Pierre Flament, bibliothécaire de la ville d’Arras (1878-1916)

Share Button

Archiviste-paléographe en 1900, Pierre Flament débute à la Bibliothèque nationale avant d’être nommé archiviste départemental de l’Allier en 1903. Nommé en 1913 dans le Pas-de-Calais, il assure les fonctions d’archiviste départemental et d’archiviste et bibliothécaire de la ville d’Arras.

Pierre Flament, L’École nationale des Chartes : portraits de combattants, bibliothèque numérique, http://bibnum.enc.sorbonne.fr/histoire-enc/3130 .

Pierre Flament, L’École nationale des Chartes : portraits de combattants, bibliothèque numérique, http://bibnum.enc.sorbonne.fr/histoire-enc/3130 .

Pour les archives départementales, il prépare un ambitieux projet d’installation dans une nouvelle partie de l’abbaye Saint-Vaast et de reclassement de l’ensemble des fonds.

Mobilisé en août 1914, blessé dès le 14, il fait l’objet d’une citation le 12 septembre et obtient la Légion d’honneur le 20 novembre.

Revenu à Arras en août 1915 pour organiser le sauvetage des documents et leur transfert à l’arrière, il rejoint son unité en 1916. Il est tué à l’ennemi le 1er août 1916 au Bois-Fumin (Meuse).