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MUSIKOTHE FEVRIER 2016 – Musiques du monde

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Février_MusikothéUn petit voyage à travers la production récente d’artistes de musiques du monde proposé par notre discothécaire et enrichi des contributions des participants de Musikothé

 

 

Ludovico EINAUDI : Taranta project

Ludovico Einaudi est bien connu dans le monde de la musique contemporaine minimaliste ainsi que celui des musiques de films (il a signé notamment les BO de « Intouchables » ou « Le Prix du désir »). Mais pour l’album « Taranta Project », le compositeur aborde d’autres horizons. Ce nouveau projet est lié à la programmation du festival « La Notte della Taranta » qui a lieu chaque été dans la région de Salento (le talon de la « botte italienne »). En 2010 et 2011, Einaudi a été choisi pour concevoir et diriger le spectacle final en plein air. Le défi étant de faire se rencontrer la musique traditionnelle de Salento : la « Taranta », avec des sons et des rythmes venus de partout dans le monde. C’est un impressionnant collectif de musiciens de renom que le compositeur italien a invité pour participer à cette belle aventure musicale. Résultat : une musique qui mélange allègrement musique africaine, moyenne orientale, sonorités électroniques et bien sûr l’élégance classique qui caractérise Einaudi. Un album aux arrangements remarquables alternant avec le même bonheur chœurs et morceaux très intimistes.

 

 

OUM : Zarabi

Le nouvel album que nous propose Oum est un véritable joyau à plus d’un titre ! C’est une invitation à un voyage poétique à laquelle on répond aisément. La chanteuse marocaine a fait le choix de la simplicité en co-écrivant avec Mathis Haug et en enregistrant entièrement ce disque dans le désert avec un minimum d’arrangements et sans effets. Entourée des musiciens qui l’accompagnent sur scène : deux Marocains (oud et percussions) et deux Cubains (trompette et contrebasse), son chant se déploie avec beaucoup de naturel et de grâce. La voix fraîche et aérienne nous charme littéralement. Mais Oum sait aussi prendre des intonations profondes très sensuelles et enrichit son chant d’inflexions proches du jazz ou de la soul,

« Zarabi » signifie « tapis » en référence aux tisseuses du village de M’hamid El Ghiszlane qui créent à partir des vêtements usagés apportés par les clients eux-mêmes

 

LURA : Herança

Après des années de silence, voici le retour d’une des plus belles voix de l’archipel capverdien avec un album résolument énergique et dansant qui fait la part belle au « funana », danse traditionnelle virevoltante héritée des anciens esclaves. Le nouvel opus de Lura contient aussi des mélodies plus douces et ainsi que de belles rencontres : le ministre Mario Lucio signe plusieurs titres, le bassiste camerounais Richard Bona l’accompagne et chante avec elle « Barco di papel » écrit ensemble, Lura partage également un autre duo cette fois avec Elida Almeida, star montante de la musique capverdienne. La collaboration la plus marquante est cependant l’incantation dépouillée et simplement martelée par les percussions du poète musicien brésilien Nana Vasconselos. L’album porte d’ailleurs le litre de ce morceau.

 

TRIO SAROCCHI : A cavallu !

En 2015, le Musée du cheval de Chantilly proposait un magnifique spectacle équestre « Kavalllisté ». L’illustration musicale de cette épopée conjuguant polyphonies corses et art équestre de haute école a été confiée au Trio Sarocchi, ensemble vocal et musical composé de Benedettu Sarocchi, Ghjunva ‘Petru Pieve et Savieru Giacometti. Même si vous n’aviez pas eu la chance d’y assister, vous apprécierez l’ambiance de ce spectacle enregistré en live.

 

Daby TOURE : Amonafi

« Amonafi » est le 5ème album du chanteur multi-instrumentiste mauritanien d’origine sénégalaise, découvert par Peter Gabriel en 2004. D’emblée, une belle énergie communicative se dégage de l’ensemble du disque. Élaboré méticuleusement dans son home-studio, ce parisien d’adoption y a peaufiné chaque titre, jouant lui même presque tous les instruments à l’exception des cordes. Bien sûr, les racines africaines sont très présentes dans la musique de Daby Touré mais pas question pour lui de s’enfermer dans la tradition. Sa musique se nourrit aussi largement d’autres influences….

«Bien sûr je porte l’Afrique en moi, je chante dans toutes les langues de l’Afrique de l’ouest : peulh, soninké, wolof… Mais avec ce nouvel album, je m’approche de ce qui me plaît le plus, la soul, la pop, une musique que l’on peut chanter au-delà des frontières».

 

Amalia, les voix du fado

Sous la houlette du réalisateur Rubel Alves, six artistes « phare » de la nouvelle scène du fado s’unissent pour mettre à l’honneur celle qui a marqué à jamais l’histoire de ce chant portugais. En duo ou en solo, Gisela João, Carminho, Ana Moura, Camané, António Zambujo et Ricardo Ribeiro reprennent avec humilité les chansons incontournables d’Amalia. D’autres invités exceptionnels se joignent à eux : le bBésilien Caetano Veloso, la Capverdienne Mayra Andrade , le chanteur angolais Bongo ou encore le guitariste flamenco Javier Limon.

 

 

Yvelise, Nicole, Annie et Bernadette nous ont fait partager leurs coups de cœur pour :

Goran Bregovic, Johnny Clegg, Ryuichi Sakamoto ; Kenny Rodgers, Tiken Jah Fakoly, Bernarda et Marcos Fink, ah Fakoly, Bernarda et Marcos Fink

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MUSIKOTHE 12 DECEMBRE – Les chansons engagées

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Elle dénonce, critique, défend une cause  et rêve d’un monde meilleur : plus que jamais, la chanson engagée n’a pas fini de s’indigner !

« Strange fruit » par Billie Holiday

Après avoir vu les photos du lynchage de deux jeunes garçons noirs dans l’Indiana en 1930, un enseignant juif de New-York, Abel Meeropol, fut tellement choqué qu’il écrivit le poème « Bitter fruit ». Mise en musique par sa femme, la chanson acquiert une certaine notoriété dans le milieu de la gauche new-yorkaise. Puis Abel propose la chanson à Billie qui l’enregistre en 1939. Ces « fruits amers et étranges » sont bien sûr les corps des noirs pendus, victimes du racisme,. Les trois couplets dépeignent, avec un réalisme brutal teinté d’ironie, les agissement racistes dans la douceur des campagnes du Sud (« l’odeur du magnolia, douce et fraîche/et soudain l’odeur de la chair qui brûle ») La chanteuse touchée par le texte qui fait écho en elle, en fait LA chanson-phare de son répertoire. Elle l’interprètera durant toute sa carrière avec beaucoup de sensibilité, de gravité et d’intensité, quelques fois dans des salles de spectacles hostiles. En 1999, Time Magazine décrète que « Strange Fruit » est la plus grande chanson du XXe siècle.

« En avant » par François Béranger

Autodidacte tendre et libertaire, François Béranger a souvent été oublié volontairement par les médias qui n’appréciaient pas les chansons contestataires de ce symbole post Mai 68. Cependant, il a su rallier un public fidèle et sensible à ses révoltes contre les injustices et ses chansons sont aujourd’hui redécouvertes par une génération d’artistes qui rendent hommage à un chanteur sincère toujours resté en dehors du système qu’il a dénoncé. Les textes tonitruants et bruts sont portés par une voix chaude sans apparat et les musiques sont le fruit de différentes rencontres artististiques. Les chansons de Béranger sont souvent empreintes de colère – contre l’ordre établi, (Joue pas avec mes nerfs), contre une société basée sur le fric (Combien ça coûte ?) contre le racisme et le colonialisme (Mamadou m’a dit)… et de tendresse aussi. (Natacha, Le vieux, Pour ma grand-mère).

« En avant », extraite de l’album paru en 1997 après une longue période de retrait volontaire du métier, concilie ces deux aspects. C’est une tendre évocation familiale des luttes et des acquis de 1936 et de la colère de les voir disparaître aujourd’hui un à un.

 

« Bien mérité » par Clarika

Sur un air aux allures de chanson enfantine avec un vocabulaire très simple et des expressions naïves, Clarika nous rappelle d’abord d’une voix faussement ingénue la chance d’être né en France. « Naître en République dans une clinique chauffée/Ben ouais, je l’ai bien mérité » Elle nous fait ensuite nous interroger sur tous ceux qui ont eu la malchance de naître sous les bombes, dans un pays aride, ou qui s’enfuient au péril de leur vie loin de la misère et la guerre. Elle conclut sur un message d’espoir « Donnons-nous les moyens ».

« Lampedusa » par Debout sur le Zinc

Pas très connu du grand public, ce combo festif de la région parisienne vient de sortir un album « Eldorado[s] » avec 2 nouveaux musiciens. Leur musique énergique, mélange de chanson et de rock avec un touche musique du monde, porte des textes finement écrits.

« Lampedusa » évoque les rêves et les déceptions de ceux qui cherchaient un avenir meilleur avant d’échouer sur les rives de l’île italienne tristement célèbre aujourd’hui. « les royaumes enchantés sont régis par des lois/et les contes de fées soumis à des quotas ».

Sans la nommer par La Compagnie Jolie Môme

La Compagnie Jolie Môme est un collectif fortement ancré à gauche et constitué d’un noyau de 13 comédiens et chanteurs qui joue ses propres pièces ou un répertoire hérité de Brecht ou Prévert. La Compagnie chante aussi beaucoup sur les scènes ou dans la rue. Sa reprise de la chanson

« Sans la nommer » écrite en 1969, composée par Georges Moustaki et interprétée pour la première fois au festival de l’île de Wight, commence comme un hommage à une femme anonyme qui se révèle être une allégorie de la Révolution permanente. Durant les années 70, la chanson fut un symbole des mouvements anarchistes ou d’extrême gauche. L’interprétation par la Compagnie en fin d’un album très engagé replace bien la chanson dans ce contexte avec un simple accompagnement d’accordéon et une énumération de luttes sur le refrain final

Alors c’est fini ? Par Michèle Bernard

Au fil de ses chansons, Michèle Bernard révèle ses interrogations (et les nôtres) sur l’état du monde. Sur une musique entraînante d’Amérique du Sud, elle semble dresser la liste des injustices qu’on est las de dénoncer « Alors c’est fini/On change plus la vie/On descend les calicots/On rentre chez soi illico » pour nous dire au final « Un peu de folie/c’est jamais fini/change-moi dit la vie ! »

Peau d’ébène et dents d’ivoire par Gilbert Laffaille

Loin des circuits médiatiques, Gilbert Laffaille poursuit discrètement son chemin de chansons. D’une voix douce et sur des musiques agréables, il nous délivre des textes plein de malice et de bienveillance tout en abordant des thèmes sensibles. Pour « Peaux d’ébène et dents d’ivoire » , il part de la montée du FN Jean-Marie Le Pen (la chanson date de 1996) « Pas la peine, Oh pas la peine de parler de celui-là/De ce type qui pue la haine et empeste le climat » pour assembler le puzzle multicolore de la diversité humaine. « Tous nés de la même terre »

Annie, Rosine, Pierre-Charles, Yvelise et Andrem ont présenté aussi :

– « Merci maman, merci papa » d’Agnès Bihl

– « Tous ces mots terribles » par Gérard Blanchard extrait de la compilation de reprises de – chansons de François Béranger

– « Nuit et brouillard » par Hubert-Félix Thiéfaine extrait de la compilation « Des airs de liberté »

– « Mon grand copain Samir » d’Hervé Demon

– « Bla bla bla » de Katerine

– « Hexagone » de Renaud

– « Le théorème du châle » de Zebda

– « Le tissu » de Jeanne Cherhal

– « La femme grillagée » de Pierre Perret

– « C’est non » par André Minvielle et Lionel Suarez

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[MUSIKOTHE] – La playlist de MAI 2015

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PRESQUE OUI : De toute évidence

On se souvient des débuts de Presque Oui, groupe formé par le couple Marie-Hélène Picard / Thibault Defever et des promesses de ce duo parfait qui se sont dissoutes avec le décès de la chanteuse. Heureusement pour nous, la carrière de Presque Oui ne s’est pas arrêtée là et l’on s’en réjouit. Thibault a adapté le répertoire pour lui seul puis a poursuivi le chemin croisant quelque fois l’ombre de Marie-Hélène. Au fil d’un parcours fait de différentes rencontres musicales, Presque oui évolue mais garde pourtant son identité. Ce quatrième album plonge l’auditeur dans une belle rêverie qui oscille entre la légèreté de la fantaisie et la profondeur des sentiments. La douceur de la voix de Thibault Defever, son toucher délicat de guitariste, et les arrangements musicaux subtils concoctés par le violoncelliste-flûtiste Sylvain Bertheous séduisent d’emblée et nous laissent goûter pleinement les textes précis, sensibles et intimistes d’Isabelle Haas qui parlent d’absence, de silence, d’interrogations mais aussi beaucoup de tendresse. Cet album est une superbe réussite couronnée par un Coup de coeur de l’Académie Charles Cros !

KARIMOUCHE : Action

A proximité de Zaz, Carmen Vega ou Zaza Fournier, dignes représentantes d’une chanson réaliste résolument dans notre époque, il y a aussi Karimouche qui sort son deuxième album dont le titre « Action » lui va comme un gant tant la chanteuse à la voix éraillée déborde d’énergie !

A la fois diva orientale, rappeuse, slameuse, mais aussi chanteuse gouailleuse, Karimouche nous offre un tout nouvel opus flamboyant ! Des rythmes festifs ou des ambiances plus introverties, des textes décapants portés avec beaucoup d’abattage… : voici un mix dynamisant très réussi ! Une artiste à voir aussi sur scène.

Données spécifiques d’exemplaires
Bibliothèque Emplacement Cote Type de prêt
Médiathèque Abbaye Saint Vaast Section musique – 2ème étage – Nouveautés 8 KAR nouv. CD audio – prêt 14j
Médiathèque Verlaine Médiathèque Verlaine – section musique – Nouveautés 8 KAR nouv. CD audio – prêt 14j

 

FIONA APPLE : Tidal

En 1996 sortait « Tidal » ,premier album intense et très personnel d’une chanteuse de 18 ans extrêmement douée. Dix compositions et textes de Fiona mis en lumière par les arrangements de Van Dyke Parks, sur lesquels la chanteuse imprime son spleen. La fêlure intime de la jeune femme très palpable dans le phrasé de la voix se révèle avec plus ou moins d’évidence tout au long de ce recueil aux accents pop, rock, jazz et soul.

Une révélation saluée unanimement par la crique internationale à l’époque de sa sortie et qui a conservé son capital émotion !

Monsieur Ravel rêve sur l’île d’insomnie : un conte musical écrit, raconté et illustré par FREDERIC CLEMENT

La musique et le personnage du compositeur insomniaque qui écrivait la nuit, ont inspiré l’auteur-illustrateur pour un bien bel album ! Frédérique Clément a imaginé une histoire taillée sur mesure, sorte de rêve éveillé dans l’univers particulier du méticuleux Ravel, amateur de miniatures et collectionneur de petits automates. Leurs univers sont en résonance. Le plaisir des yeux (les illustrations sont vraiment magnifiques) se prolonge par celui de l’écoute car Frédéric Clément conte avec élégance et a inséré un choix de fragments musicaux parfaitement sélectionnés qui donne un aperçu intéressant de la musique du compositeur basque.

Un album raffiné pour lecteurs et mélomanes en herbe et pour les autres aussi ! Les amateurs de Ravel seront sous le charme.

Données spécifiques d’exemplaires
Bibliothèque Emplacement Cote
Médiathèque Abbaye Saint Vaast Section musique – 2ème étage – Rock 2 APP

PAOLO FRESU & DANIELE DI BONAVENTURA : In maggiore

Le trompettiste sarde Paolo Fresu et le bandonéiste Daniele di Bonaventura qui ont déjà collaboré sur d’autres projets musicaux nous offrent ici un album intimiste et somptueux. Difficile de définir la musique de ce duo instrumental qui emprunte à différents répertoires (folklore, berceuses, musique classique, valse), revisite Rossini, Victor Jara et Chico Buarque et interprète des compositions élégantes plutôt nostalgiques. Qu’importe les étiquettes : cet enregistrement est tout simplement beau ! Goûtez et savourez…

IKO : Private domain

Séduisant concept-album d’adaptations modernes de thèmes classiques (Rameau, Bach, Purcell, Mozart, Monteverdi, Schubert, Verdi et Fauré). Les invités d’Iko (pseudonyme de la chef d’orchestre Laurence Equilbey) venus de la scène pop ou électro (Emilie Simon, Marc Colin de Nouvelle Vague, Murcof, Paul & Louise…) se plient à cet exercice et réussissent à révéler d’autres facettes de ce répertoire.

« Marier la richesse fascinante de l’électronique au classique, c’est pour moi une manière d’alerter l’oreille des gens, de ceux qui, trop nombreux, pensent encore que le classique est une musique terne et lisse » déclare-t-elle.

 

 

Musikothé
Vidéo

MUSIKOTHÉ du 28 mars 2015

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Georg Friedrich HAENDEL : Heros from the shadows par Nathalie Stutzmann

La contralto Nathalie Stutzmann a réalisé un projet qui lui tenait à cœur depuis quelques années. Dans son nouvel album intitulé « Heroes from the shadow » consacré à Haendel, elle a choisi de mettre en lumière les rôles secondaires, mais pourtant essentiels à l’équilibre et à l’efficacité dramatique des opéras pour lesquels le compositeur saxon a pris soin de concevoir une écriture tout aussi méticuleuse que celle des rôles titres. Il faut saluer la pertinence du choix proposé par Nathalie Stutzmann qui nous fait découvrir de véritables perles, cachées au sein des opéras de Haendel : notamment le majestueux et désespéré « Penna tiranna » (extrait de Amadigi di gaula) avec son contrechant plaintif de hautbois et basson ou encore le duo Cornela/Sesto (Giulio Cesare) interprété avec Philippe Jaroussky. Les voix de ce dialogue mère/fils se marient à la perfection, le timbre chaud et grave de Stutzmann rendant encore plus sublime l’aigu du contre ténor

La contralto dirige en outre son ensemble Orfeo 55 qui soutient avec délicatesse les airs de ce programme et les intermèdes instrumentaux

 

BALKANES : Koesmet

Le quatuor vocal Balkanes est né de la rencontre de jeunes femmes d’horizons différents (2 Bulgares et 2 Lyonnaises) réunies par leur amour des chants traditionnels des Balkans et particulièrement cette musique polyphonique vocale et féminine si particulière qu’avait fait découvrir au grand public dans les années 90 le groupe « Les polyphonies des voix bulgares ». Pour ce nouvel album, Marie, Martine, Milena et Mina ont enregistré des reprises de traditionnels issus du répertoire de chants sacrés orthodoxes et des chansons profanes de l’ancienne Bulgarie mais aussi des créations composées dans le respect de la tradition. Les voix s’entremêlent divinement dans un mariage de douceur, de légèreté, de poésie, de mystère… Un dépaysement fascinant de toute beauté !

https://www.youtube.com/watch?v=rLRI2odW1p0

 

 

EZ3kiel : Lux

Vingt ans d’existence pour le groupe tourangeau toujours aussi inclassable. Nouvel album depuis 2008 après une série de concerts avec orchestre suivie d’une nouvelle tournée alliant fortement musique et image. Premier album aussi depuis le départ de Mathieu Fays, un des fondateurs du groupe. Avec « Lux », on replonge dans un univers particulier, étrange, sombre, mélancolique qui se situe au carrefour du trip hop, du post-rock et de l’électro. Cependant, l’originalité et le lyrisme des précédents enregistrements font un peu défaut sur un album qui semble moins inspiré mais qui offre tout de même des très beaux moments. A suivre donc !

 


VIANNEY : Idées blanches

Premier disque et gros coup de cœur pour un jeune chanteur instinctif qui se destinait plus au stylisme qu’à la chanson ! Ce disque est une jolie pépite qui révèle une écriture ciselée qui semble très spontanée, des mélodies populaires dans le sens généreux du terme. Pas de paillettes, ni de volonté d’être « in » ; pas de prise de tête non plus. Vianney est un artiste d’une fraîcheur réjouissante qu’on va suivre de près !

 

 

LES 3 FROMAGES : Matures & découvertes

Punk-rock et humour sont les deux ingrédients de base du style détonnant et énergique de ces cousins bretons des Fatals Picards. L’album est un cocktail survitaminé de titres parodiques et de satires désopilantes qui fait rudement du bien ! Certes, il faut savoir apprécier un côté potache indéniable mais certains morceaux jouent plus sur le second degré.

 

 

 

CHAPELIER FOU : Deltas

Depuis la sortie de son premier album, Chapelier fou a multiplié les rencontres et les expériences musicales (musiques de films, reportages, publicités…). Avec ce troisième opus, le Lorrain enrichit encore son univers si singulier. Définitivement inclassable, toujours à la croisée de multiples genres musicaux (de Yann Tiersen à l’electro), il creuse encore davantage le sillon du possible avec des paysages sonores sans cesse renouvelés et riches de mille détails.

 

Benjamin CLEMENTINE : At least for now

C’est un album bouleversant, très chargé en émotion que ce premier disque du jeune artiste anglais d’origine ghanéenne… Un jour, Benjamin a tout plaqué pour venir en France où il s’est retrouvé à chanter dans le métro juste pour survivre et où il a fait des rencontres qui lui ont permis de se révéler comme un artiste qui pourrait bien compter. S’appuyant sur la base classique et sobre de la formule piano-voix, le chanteur fait éclore des chansons intenses qui donnent le frisson. A écouter et à voir sur scène si l’occasion se présente…

 

CABADZI : Des angles et des épines

Bien sûr, on pense à Fauve en découvrant les textes « wordspoken » de Cabadzi scandés sur une musique répétitive. Le groupe a cependant l’antériorité ! Ce deuxième enregistrement se situe toujours entre rap, slam, chanson. La voix du narrateur porte la rage d’une écriture percutante, d’une certaine poésie aussi. Ce nouveau disque fait la part belle aux violons, violoncelles, ukulélé et cuivres qui se fondent aux guitares et aux sons électro.

 

 

Jean-Emile BIAYENDA : Tchouk-tchouk le petit train qui danse

Découvrir d’autres horizons et danser dans la bonne humeur, voilà à quoi invite cet album que l’on peut écouter dès 1 an ! Une vingtaine de titres dont 3 Noëls en français et en lingala, incite grands et petits à chanter et taper dans les mains ! Petit bonus : un livret Atelier-Récup qui permet de construire un petit train à l’aide de matériaux de récupération. Vraiment sympa !

 

THE HOMEMADE JAMZ BLUES BAND : I got blues for you

Deuxième album époustouflant pour ce trio familial, porteur des meilleurs espoirs du blues d’aujourd’hui ! Ryan (17ans), guitare et chant, Brian, (15 ans), basse, Taya (10 ans), batterie et leur père Renaud Perry (qui compose et joue ponctuellement de l’harmonica )persistent et signent un album d’un blues puissant et émotionnel. Le talent du groupe n’a pas échappé à BB King qui l’a aidé à se promouvoir en choisissant le trio pour inaugurer le BB King Blues Museum à Indianiapolis et en déclarant « Ces jeunots énergiques et talentueux ont un grand avenir devant eux. »

 

LINDIGO : Milé sèk milé

Lindigo est une formation de jeunes musiciens de la Réunion, héritiers du Sega et du Maloya, genres musicaux majeurs de l’Océan Indien. Avec « Milé sèk milé » (Je suis ce que je suis), le groupe franchit les barrières de la pure tradition, en invitant notamment le sax expérimental de Guillaume Perret, et Fixi (du groupe Java) à la réalisation. La musique de cette joyeuse troupe qui déborde d’une énergie bienfaisante est une belle invitation au voyage au cœur de l’île de La Réunion et de Madagascar

 

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[Musikothé] – BEETHOVEN EN CHANSONS

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Bagatelle pour piano en la mineur « Pour Elise »

Qui ne connait pas « La lettre à Elise » ? Le titre de ce célèbre thème est donné à tort à la Bagatelle pour piano en la mineur WoO 59 de Beethoven. Selon l’hypothèse la plus probable, le compositeur avait écrit « Pour Thérèse » sur le manuscrit. Il destinait ce morceau à Thérèse de Brunswick dont il était amoureux. Une erreur de lecture de

l’autographe aurait transformé le prénom de la dédicataire…

par Alexandre Tharaud (J’apprends le piano avec Alexandre Tharaud. – EMI)
Ce must du répertoire des pianistes débutants a inspiré une désopilante et savoureuse chanson à Anne Sylvestre
Anne Sylvestre : Lettre ouverte à Élise (Olympia 86. – EPM)
A la fin de sa chanson, Anne Sylvestre a prévu une pirouette humoristique en modulant et en transformant sa mélodie pour lui permettre une citation du « Gai laboureur » de Robert Schumann. Ce morceau très court est extrait de l’ « Album à la jeunesse », Il fait lui aussi partie du répertoire des tout jeunes pianistes !
Robert Schumann : Le Gai laboureur par Alexis Weissemberg (J’apprends le piano, 30 morceaux pour les pianistes en herbe. – EMI)
La même musique de Beethoven sert une chanson radicalement différente. Il faut prêter attention pour reconnaître le thème de Beethoven dans la chanson dansante aux arrangements exotiques typiques des années 50.
Dario Moreno : Tout l’amour (Oh ! Qué Dario ! – Philips)

Sonate pour piano n° 17, « La Tempête ». 3ème mouvement

Treize à table : Les tempêtes (La Gaîté des pavés. – L’Autre distribution)
Entre chanson et rock, le groupe nordiste Treize à table propose des musiques aux accents festifs et des textes en demi-teintes. La chanson « Les tempêtes » en est un bien bel exemple. Le texte évoque avec tendresse et un zeste de mélancolie la force des amours qui durent malgré les aléas de la vie et le temps qui passe. La musique rythmée par l’accordéon nous semble familière et colle parfaitement au propos. Les mélomanes y reconnaissent le début d’une sonate pour piano de Beethoven….
Par Clara Haskil (Sonate n° 17, op 31 n° 2 « La Tempête ». – Philips classics)

Symphonie n° 5, en ut mineur, op. 67

Les 4 barbus : La Pince à linge (La Pince à linge. – Rym musique)
Désopilant ! Sur une idée farfelue (on n’en attend pas moins de la part du duo infernal Pierre Dac / Francis Blanche) , voici un hymne à une invention indispensable de notre quotidien et un bel hommage à la musique du compositeur allemand. L’interprétation des Quatre Barbus est un classique à réécouter ou à découvrir d’urgence !

Symphonie n° 7, en la majeur, op. 92 – 2ème mouvement (allegretto)

L’engouement du public pour le deuxième mouvement de la 7ème symphonie de Beethoven est toujours aussi vif aujourd’hui. Bissée en entier lors de sa création, cette musique dégage toujours la même intensité émotionnelle. Elle est entrée dans la mémoire collective notamment grâce à de nombreuses utilisations dans les BO de films ou les musiques de pub. Avec plus ou moins de bonheur, le thème de marche funèbre construit sur un ostinato rythmique immédiatement reconnaissable a donné lieu à différentes adaptations chantées.
Arielle Dombasle : Giovane amore (Extase. – Tréma)
Michel Sardou : Beethoven (Hors-format. – AZ)
Johnny Hallyday : Poème sur la 7ème (Les cent plus belles chansons . – Mercury)
Norma Ray : Symphonie (Poussières d’étoiles. – BMJ music)

Avec beaucoup d’élégance et de manière subtile, Romain Didier s’appuie sur les harmonies du thème de Beethoven et non pas la cellule rythmique pour développer la mélodie d’une très belle chanson : « A quoi ça tient ? » dans laquelle il donne à réfléchir avec sur la question de l’homosexualité masculine. Le texte est fort et pourtant tout en nuances. Une grande chanson !
Romain Didier : A quoi ça tient ? (J’ai noté. – Flarenasch)

par Nikolaus Harnoncourt et le Chamber orchestra of Europe (Teldec)
Par opposition à la 8ème composée en même temps, Beethoven appelait sa 7ème symphonie « La grande ». Cette œuvre toute en paradoxes apparaît à la fois violente et calme, apaisante et torturée. Pourtant, ses 4 mouvements de structuration classique ont en commun d’être construits sur des éléments rythmiques très prédominants. C’est ce qui a fait dire à Richard Wagner que la 7ème était « L’Apothéose de la danse ».
Son second mouvement noté Allegretto est une marche obsessionnelle (en la mineur). Il s’ouvre sur un accord tenu des vents puis les cordes graves déploient le premier thème sur la cellule rythmique « noire / croche / croche / noire /noire » sur laquelle est basée l’ensemble du morceau. Ce thème est suivi de 3 variations intégrant un contre-chant
Apparaît ensuite en mode majeur, un deuxième thème plus mélodique confié cette fois aux vents
Retour au premier thème pour 2 autres variations. Il est joué aux cordes avec contre-chant des vents puis il apparaît en forme de fugato avec des entrées savamment réparties entre les différents pupitres. Cette partie fuguée débouche sur le thème joué avec ampleur par l’ensemble de l’orchestre. Après une ré-exposition rapide du thème mélodique, le mouvement se conclut par une coda où le thème principal se délite… Sublime !
Cette liste est sans doute à compléter…. N’hésitez pas à proposer d’autres exemples en commentaire