En passant

Quand les livres appellent à résister : des papillons contre l’oppression.

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le papillon et le livre qui le contenait

le papillon et le livre qui le contenait

 

Un document vient par hasard d’être remis au jour, après plus de soixante dix ans de sommeil au sein d’un ouvrage du service Patrimoine de la Médiathèque d’Arras.

Il s’agit d’un « papillon », mot désignant un petit texte sur papier volant inséré dans une publication, rédigé durant l’occupation allemande de la Seconde Guerre mondiale.

L’auteur, peut-être un jeune arrageois a, entre 1942 et 1944, glissé dans un livre de la bibliothèque municipale d’Arras, consacré à Saint-Vaast écrit par l’abbé Guilbert (Arras, 1928), ce « papillon » rédigé de sa main, invitant les ouvriers français à ne pas aller travailler en Allemagne.

 

affiche de propagande en faveur de la Relève

 

Depuis 1942, le régime nazi a besoin de personnels pour faire tourner ses usines d’armement, puisque la main d’œuvre allemande sous l’uniforme est engagée sur plusieurs fronts. En juin, à la demande de l’occupant, le régime de Vichy met en place le service de la Relève : pour trois ouvriers français partant volontairement, un prisonnier de guerre sera libéré. Mais peu de gens se laissent convaincre et la Relève est un échec. En 1943 lui succède le Service du Travail Obligatoire, le STO, obligeant les jeunes français nés entre 1920 et 1922 à partir travailler en Allemagne. Les jeunes français sans certificat de travail, après convocation et visite médicale, sont envoyés en Allemagne dans des camps de « triage » où les employeurs viennent les choisir. La perspective de travailler pour l’effort de guerre nazi, jusqu’à 72 heures par semaine et pour des saliares dérisoires, va conduire de nombreux jeunes français à devenir réfractaires et à grossir les rangs du Maquis. Au total, le STO aura tout de même livré 650000 travailleurs à l’Allemagne.

 

 

 

 

recto

verso

C’est ce système de travail forcé que dénonce le tract de cet arrageois qui se revendique de l’ICJ ou IJC, l’Internationale des Jeunes Communistes. Il dénonce le fait que partir travailler chez l’occupant « libère » un allemand qui peut alors combattre et renforcer la machine de guerre nazie.

 

 

 

 

Quel a été le sort de l’auteur de ces lignes, nul ne le sait, mais ce « papillon » demeure un témoignage émouvant d’une des périodes les plus difficiles de notre histoire et peut, à ce titre figurer parmi les documents patrimoniaux de la Médiathèque.

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