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Jeanne René, la Madelon d’Arras.

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Lorsqu’en Août 1914, un certain Sioul, artiste de seconde catégorie, est mobilisé au 17e régiment d’artillerie, cantonné à Fontenay-sous-Bois. Il emporte dans son paquetage la partition de Quand Madelon que Charles Joseph Pasquier Bach avait créée sur la scène de l’Eldorado au début de la même année. Les camarades apprennent la chanson avec Sioul, puis la répandent dans d’autres régiments, d’autres casernements, les gares, les hôpitaux, etc. Après l’armée française, ce sont les civils qui finissent par connaître la chanson grâce aux poilus.

Quand Madelon :

« Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là-bas à deux pas de la forêt
Une maison aux murs tout couverts de lierre
Aux vrais poilus c’est le nom du cabaret

La servante est jeune et gentille,
Légère comme un papillon.
Comme son vin son œil pétille,
Nous l’appelons la Madelon
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
Ce n’est que Madelon mais pour nous c’est l’amour. »

Vous pouvez entendre cette chanson populaire en cliquant sur le lien ci-dessous :

Quand Madelon , chanson créée par Bach en 1914

Une « Madelon » existe à Arras, au numéro 14 de la Grand Place exactement. Elle se prénomme Jeanne, Elle fait partie d’une fratrie de quatre enfants née de l’union de Gaston René, tireur de vin, et d’Angèle Lebas, cabaretière. La famille s’installe à cette adresse dès 1896, dont Gaston René est propriétaire depuis un an. Neuf ans plus tard, la maison familiale devient un estaminet, « Au fer à cheval doré ».

Jeanne Gaston à sa porte, au numéro 14 de la Grand'Place d'Arras.

Jeanne Gaston à sa porte, au numéro 14 de la Grand’Place d’Arras.

Jeanne n’est âgée que de 24 ans lorsque la guerre éclate. En octobre 1914, elle est blessée par un obus qui tue son père. Auguste Coty, médecin major du 136e régiment d’infanterie de Saint-Lô, est à Arras. Il témoigne:

Extrait de l'album photographique d'Auguste Coty, conservé à la Médiathèque.

Extrait de l’album photographique d’Auguste Coty, conservé à la Médiathèque.

Jeanne Gaston fut blessée en Octobre 14 par un obus qui tuait son père. Je la soignai, elle guérit et me paya de sourires… Et rien de plus… Mais cela comptait.

 

 

Voici le sourire de la jeune femme qu’Auguste Coty baptise « la Madelon » dans son album photographique.

Portrait de Jeanne René, album photographique d'Auguste Coty.

Portrait de Jeanne René, album photographique d’Auguste Coty.

Au lendemain de la Grande Guerre, l’estaminet sera tenu par la mère de Jeanne René jusqu’en 1939.

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