Rue de la Madeleine, plan de l'abbaye Saint-Vaast arrêté en chambre échevinale le 20 avril 1755. Archives communales d'Arras, plan 96.

L’Abbaye Saint-Vaast : de la splendeur du XVIIIe siècle à la reconstruction d’après-guerre

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L’abbaye Saint-Vaast est fondée au VIIe siècle sur les traces de l’oratoire où, dit-on, saint Vaast, premier évêque d’Arras mort en 540, venait parfois se recueillir.

Diverses campagnes de construction se succèdent et permettent à l’abbaye de s’ordonner autour d’une église gothique élevée dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Elle fait au cours du temps l’objet d’embellissements et de transformations diverses.

Peu à peu, le monastère pose de nombreux problèmes d’entretien. En 1743, la communauté monastique décide la reconstruction totale de l’église et de ces bâtiments disparates, vaste projet auquel l’abbé commendataire, le cardinal Armand-Gaston de Rohan donne son accord en 1749.

Rue de la Madeleine, plan de l'abbaye Saint-Vaast arrêté en chambre échevinale le 20 avril 1755. Archives communales d'Arras, plan 96.

Rue de la Madeleine, plan de l’abbaye Saint-Vaast arrêté en chambre échevinale le 20 avril 1755. Archives communales d’Arras, plan 96.

L’abbaye constitue un impressionnant ensemble monumental urbain qui s’étire en longueur et s’organise symétriquement autour de trois cours en enfilade : cour d’honneur, cour des hôtes, cloître. La longue façade sur le jardin à quatre niveaux affirme avec arrogance la richesse et la puissance de cette abbaye royale. L’abbaye devient le plus grand ensemble conventuel du XVIIIe siècle en France.

Toutefois, à la Révolution, le chantier reste inachevé. Les moines sont expulsés en 1789. L’église abbatiale restée en chantier est offerte par Napoléon Ier à l’évêque pour en faire sa cathédrale. Les bâtiments monastiques sont réaffectés ; d’abord transformés en hôpital militaire, ils sont partagés en 1801 entre diverses administrations : sénatorerie, Légion d’Honneur, bibliothèque municipale, archives départementales puis évêché et séminaire jusqu’en 1905, le musée s’y installe en 1832.

Le Musée et le square Saint-Waast (collections iconographique de la Médiathèque de l'Abbaye Saint-Vaast)

Le Musée et le square Saint-Waast (collections iconographiques de la Médiathèque de l’Abbaye Saint-Vaast)

L'abbaye Saint-Vaast à la Belle Epoque (collections iconographiques de la médiathèque de l'abbaye Saint-Vaast)

L’abbaye Saint-Vaast à la Belle Epoque (collections iconographiques de la médiathèque de l’abbaye Saint-Vaast)

Après la Première Guerre mondiale, l’abbaye est réduite à l’état de ruines. La municipalité songe à les conserver comme témoignage du martyr de la ville. Il faut toute la force de conviction de Pierre Paquet pour convaincre de l’importance architecturale de l’édifice et de la nécessité de sa reconstruction.

La restauration débute en 1920 et dure quatorze années. L’aspect extérieur du monument est systématiquement conservé. En revanche l’intérieur est traité avec plus de liberté : il est adapté aux exigences modernes.

Musikothé
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[MUSIKOTHE] – La playlist de MAI 2015

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PRESQUE OUI : De toute évidence

On se souvient des débuts de Presque Oui, groupe formé par le couple Marie-Hélène Picard / Thibault Defever et des promesses de ce duo parfait qui se sont dissoutes avec le décès de la chanteuse. Heureusement pour nous, la carrière de Presque Oui ne s’est pas arrêtée là et l’on s’en réjouit. Thibault a adapté le répertoire pour lui seul puis a poursuivi le chemin croisant quelque fois l’ombre de Marie-Hélène. Au fil d’un parcours fait de différentes rencontres musicales, Presque oui évolue mais garde pourtant son identité. Ce quatrième album plonge l’auditeur dans une belle rêverie qui oscille entre la légèreté de la fantaisie et la profondeur des sentiments. La douceur de la voix de Thibault Defever, son toucher délicat de guitariste, et les arrangements musicaux subtils concoctés par le violoncelliste-flûtiste Sylvain Bertheous séduisent d’emblée et nous laissent goûter pleinement les textes précis, sensibles et intimistes d’Isabelle Haas qui parlent d’absence, de silence, d’interrogations mais aussi beaucoup de tendresse. Cet album est une superbe réussite couronnée par un Coup de coeur de l’Académie Charles Cros !

KARIMOUCHE : Action

A proximité de Zaz, Carmen Vega ou Zaza Fournier, dignes représentantes d’une chanson réaliste résolument dans notre époque, il y a aussi Karimouche qui sort son deuxième album dont le titre « Action » lui va comme un gant tant la chanteuse à la voix éraillée déborde d’énergie !

A la fois diva orientale, rappeuse, slameuse, mais aussi chanteuse gouailleuse, Karimouche nous offre un tout nouvel opus flamboyant ! Des rythmes festifs ou des ambiances plus introverties, des textes décapants portés avec beaucoup d’abattage… : voici un mix dynamisant très réussi ! Une artiste à voir aussi sur scène.

Données spécifiques d’exemplaires
Bibliothèque Emplacement Cote Type de prêt
Médiathèque Abbaye Saint Vaast Section musique – 2ème étage – Nouveautés 8 KAR nouv. CD audio – prêt 14j
Médiathèque Verlaine Médiathèque Verlaine – section musique – Nouveautés 8 KAR nouv. CD audio – prêt 14j

 

FIONA APPLE : Tidal

En 1996 sortait « Tidal » ,premier album intense et très personnel d’une chanteuse de 18 ans extrêmement douée. Dix compositions et textes de Fiona mis en lumière par les arrangements de Van Dyke Parks, sur lesquels la chanteuse imprime son spleen. La fêlure intime de la jeune femme très palpable dans le phrasé de la voix se révèle avec plus ou moins d’évidence tout au long de ce recueil aux accents pop, rock, jazz et soul.

Une révélation saluée unanimement par la crique internationale à l’époque de sa sortie et qui a conservé son capital émotion !

Monsieur Ravel rêve sur l’île d’insomnie : un conte musical écrit, raconté et illustré par FREDERIC CLEMENT

La musique et le personnage du compositeur insomniaque qui écrivait la nuit, ont inspiré l’auteur-illustrateur pour un bien bel album ! Frédérique Clément a imaginé une histoire taillée sur mesure, sorte de rêve éveillé dans l’univers particulier du méticuleux Ravel, amateur de miniatures et collectionneur de petits automates. Leurs univers sont en résonance. Le plaisir des yeux (les illustrations sont vraiment magnifiques) se prolonge par celui de l’écoute car Frédéric Clément conte avec élégance et a inséré un choix de fragments musicaux parfaitement sélectionnés qui donne un aperçu intéressant de la musique du compositeur basque.

Un album raffiné pour lecteurs et mélomanes en herbe et pour les autres aussi ! Les amateurs de Ravel seront sous le charme.

Données spécifiques d’exemplaires
Bibliothèque Emplacement Cote
Médiathèque Abbaye Saint Vaast Section musique – 2ème étage – Rock 2 APP

PAOLO FRESU & DANIELE DI BONAVENTURA : In maggiore

Le trompettiste sarde Paolo Fresu et le bandonéiste Daniele di Bonaventura qui ont déjà collaboré sur d’autres projets musicaux nous offrent ici un album intimiste et somptueux. Difficile de définir la musique de ce duo instrumental qui emprunte à différents répertoires (folklore, berceuses, musique classique, valse), revisite Rossini, Victor Jara et Chico Buarque et interprète des compositions élégantes plutôt nostalgiques. Qu’importe les étiquettes : cet enregistrement est tout simplement beau ! Goûtez et savourez…

IKO : Private domain

Séduisant concept-album d’adaptations modernes de thèmes classiques (Rameau, Bach, Purcell, Mozart, Monteverdi, Schubert, Verdi et Fauré). Les invités d’Iko (pseudonyme de la chef d’orchestre Laurence Equilbey) venus de la scène pop ou électro (Emilie Simon, Marc Colin de Nouvelle Vague, Murcof, Paul & Louise…) se plient à cet exercice et réussissent à révéler d’autres facettes de ce répertoire.

« Marier la richesse fascinante de l’électronique au classique, c’est pour moi une manière d’alerter l’oreille des gens, de ceux qui, trop nombreux, pensent encore que le classique est une musique terne et lisse » déclare-t-elle.

 

 

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[Jaadosphère] – Les Chroniques lunaires de Marissa Meyer

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Marissa Meyer écrit sa première série et signe une oeuvre à mi-chemin entre la dystopie et les contes de fées, dans un univers futuriste. Le premier roman de cette saga, “Cinder”, brosse une interprétation de cendrillon. Le deuxième, “Scarlet”, prend ses racines dans le personnage du chaperon rouge. Le troisième opus, “Cress”, s’inspire de Raiponce. Enfin le quatrième tome, “Levana” est plus sombre, il s’attarde sur la jeunesse du personnage de la méchante reine, belle-mère de Blanche-Neige. Cette série est très originale, les personnages et les codes des contes de fées sont traités avec brio.
Marissa Meyer n’a pas fini de nous enchanter, à l’instar de la bonne fée car le prochain volume, “Winter” alias, Blanche-Neige, sortira en version française courant 2016.
Si vous avez aimé les dystopies (Hunger games, Divergente) et/ou si vous aimez les conte de fées, ça devrait vous plaire.