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MUSIKOTHÉ du 28 mars 2015

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Georg Friedrich HAENDEL : Heros from the shadows par Nathalie Stutzmann

La contralto Nathalie Stutzmann a réalisé un projet qui lui tenait à cœur depuis quelques années. Dans son nouvel album intitulé « Heroes from the shadow » consacré à Haendel, elle a choisi de mettre en lumière les rôles secondaires, mais pourtant essentiels à l’équilibre et à l’efficacité dramatique des opéras pour lesquels le compositeur saxon a pris soin de concevoir une écriture tout aussi méticuleuse que celle des rôles titres. Il faut saluer la pertinence du choix proposé par Nathalie Stutzmann qui nous fait découvrir de véritables perles, cachées au sein des opéras de Haendel : notamment le majestueux et désespéré « Penna tiranna » (extrait de Amadigi di gaula) avec son contrechant plaintif de hautbois et basson ou encore le duo Cornela/Sesto (Giulio Cesare) interprété avec Philippe Jaroussky. Les voix de ce dialogue mère/fils se marient à la perfection, le timbre chaud et grave de Stutzmann rendant encore plus sublime l’aigu du contre ténor

La contralto dirige en outre son ensemble Orfeo 55 qui soutient avec délicatesse les airs de ce programme et les intermèdes instrumentaux

 

BALKANES : Koesmet

Le quatuor vocal Balkanes est né de la rencontre de jeunes femmes d’horizons différents (2 Bulgares et 2 Lyonnaises) réunies par leur amour des chants traditionnels des Balkans et particulièrement cette musique polyphonique vocale et féminine si particulière qu’avait fait découvrir au grand public dans les années 90 le groupe « Les polyphonies des voix bulgares ». Pour ce nouvel album, Marie, Martine, Milena et Mina ont enregistré des reprises de traditionnels issus du répertoire de chants sacrés orthodoxes et des chansons profanes de l’ancienne Bulgarie mais aussi des créations composées dans le respect de la tradition. Les voix s’entremêlent divinement dans un mariage de douceur, de légèreté, de poésie, de mystère… Un dépaysement fascinant de toute beauté !

https://www.youtube.com/watch?v=rLRI2odW1p0

 

 

EZ3kiel : Lux

Vingt ans d’existence pour le groupe tourangeau toujours aussi inclassable. Nouvel album depuis 2008 après une série de concerts avec orchestre suivie d’une nouvelle tournée alliant fortement musique et image. Premier album aussi depuis le départ de Mathieu Fays, un des fondateurs du groupe. Avec « Lux », on replonge dans un univers particulier, étrange, sombre, mélancolique qui se situe au carrefour du trip hop, du post-rock et de l’électro. Cependant, l’originalité et le lyrisme des précédents enregistrements font un peu défaut sur un album qui semble moins inspiré mais qui offre tout de même des très beaux moments. A suivre donc !

 


VIANNEY : Idées blanches

Premier disque et gros coup de cœur pour un jeune chanteur instinctif qui se destinait plus au stylisme qu’à la chanson ! Ce disque est une jolie pépite qui révèle une écriture ciselée qui semble très spontanée, des mélodies populaires dans le sens généreux du terme. Pas de paillettes, ni de volonté d’être « in » ; pas de prise de tête non plus. Vianney est un artiste d’une fraîcheur réjouissante qu’on va suivre de près !

 

 

LES 3 FROMAGES : Matures & découvertes

Punk-rock et humour sont les deux ingrédients de base du style détonnant et énergique de ces cousins bretons des Fatals Picards. L’album est un cocktail survitaminé de titres parodiques et de satires désopilantes qui fait rudement du bien ! Certes, il faut savoir apprécier un côté potache indéniable mais certains morceaux jouent plus sur le second degré.

 

 

 

CHAPELIER FOU : Deltas

Depuis la sortie de son premier album, Chapelier fou a multiplié les rencontres et les expériences musicales (musiques de films, reportages, publicités…). Avec ce troisième opus, le Lorrain enrichit encore son univers si singulier. Définitivement inclassable, toujours à la croisée de multiples genres musicaux (de Yann Tiersen à l’electro), il creuse encore davantage le sillon du possible avec des paysages sonores sans cesse renouvelés et riches de mille détails.

 

Benjamin CLEMENTINE : At least for now

C’est un album bouleversant, très chargé en émotion que ce premier disque du jeune artiste anglais d’origine ghanéenne… Un jour, Benjamin a tout plaqué pour venir en France où il s’est retrouvé à chanter dans le métro juste pour survivre et où il a fait des rencontres qui lui ont permis de se révéler comme un artiste qui pourrait bien compter. S’appuyant sur la base classique et sobre de la formule piano-voix, le chanteur fait éclore des chansons intenses qui donnent le frisson. A écouter et à voir sur scène si l’occasion se présente…

 

CABADZI : Des angles et des épines

Bien sûr, on pense à Fauve en découvrant les textes « wordspoken » de Cabadzi scandés sur une musique répétitive. Le groupe a cependant l’antériorité ! Ce deuxième enregistrement se situe toujours entre rap, slam, chanson. La voix du narrateur porte la rage d’une écriture percutante, d’une certaine poésie aussi. Ce nouveau disque fait la part belle aux violons, violoncelles, ukulélé et cuivres qui se fondent aux guitares et aux sons électro.

 

 

Jean-Emile BIAYENDA : Tchouk-tchouk le petit train qui danse

Découvrir d’autres horizons et danser dans la bonne humeur, voilà à quoi invite cet album que l’on peut écouter dès 1 an ! Une vingtaine de titres dont 3 Noëls en français et en lingala, incite grands et petits à chanter et taper dans les mains ! Petit bonus : un livret Atelier-Récup qui permet de construire un petit train à l’aide de matériaux de récupération. Vraiment sympa !

 

THE HOMEMADE JAMZ BLUES BAND : I got blues for you

Deuxième album époustouflant pour ce trio familial, porteur des meilleurs espoirs du blues d’aujourd’hui ! Ryan (17ans), guitare et chant, Brian, (15 ans), basse, Taya (10 ans), batterie et leur père Renaud Perry (qui compose et joue ponctuellement de l’harmonica )persistent et signent un album d’un blues puissant et émotionnel. Le talent du groupe n’a pas échappé à BB King qui l’a aidé à se promouvoir en choisissant le trio pour inaugurer le BB King Blues Museum à Indianiapolis et en déclarant « Ces jeunots énergiques et talentueux ont un grand avenir devant eux. »

 

LINDIGO : Milé sèk milé

Lindigo est une formation de jeunes musiciens de la Réunion, héritiers du Sega et du Maloya, genres musicaux majeurs de l’Océan Indien. Avec « Milé sèk milé » (Je suis ce que je suis), le groupe franchit les barrières de la pure tradition, en invitant notamment le sax expérimental de Guillaume Perret, et Fixi (du groupe Java) à la réalisation. La musique de cette joyeuse troupe qui déborde d’une énergie bienfaisante est une belle invitation au voyage au cœur de l’île de La Réunion et de Madagascar